- Savez-vous que la première messe en français à Zurich a été célébrée le 7 mai 1899, à l’église de Liebfrauen?
- Savez-vous que c’est en 1924 que l’Evêque de Chur/Coire, dont dépend le canton de Zurich, désignait le premier prêtre, l’abbé Kaufmann, comme vicaire à l’église de St. Anton avec mandat de s’occuper des catholiques parlant français à Zurich?
- Savez-vous que les fidèles de la MCLFZ ont tenu pendant des années leurs réunions au Zeltweg 66, dans la maison privée de M. Plancherel, professeur et recteur de l’Ecole polytechnique?
- Savez-vous que l’Ecole française de Zurich a été fondée en 1955 par l’abbé Joliat, curé de la Mission de 1947 à 1967, et qu’elle a débuté dans une des salles de la Mission avec 9 élèves?
- Savez-vous qu’en 1957 l’abbé Pierre est venu à Zurich parler, dans la grande salle du Kongresshaus, du «drame des sans-logis»?
- Savez-vous que le terrain sis à la Hottingerstrasse 36 où s’est construite plus tard la Mission a coûté au début des années soixante pas moins de 620 francs le mètre carré, et la construction du bâtiment un million et demi alors que les responsables avaient tout juste 257’751 francs en caisse?
- Savez-vous qu’au moment de la consécration de l’actuelle église de la Sainte-Famille en 1964 les fidèles de l’Eglise réformée française de Zurich ont attribué leur quête à la Mission et que leur choeur mixte est venu chanter la Messe?
- Savez-vous que la MCLFZ dénombrait en 1974 dans ses fichiers 12’750 catholiques de langue française?
- Savez-vous que la MCLFZ abrite aujourd’hui une communauté de Pères dominicains qui s’est vue confier par l’Evêque, en 1990, l’animation pastorale des francophones de Zurich?
- Savez-vous que l’église de la Mission a subi, en 2002, une rénovation en profondeur et que le choeur a été entièrement refait et équipé de mobiliers liturgiques signés «Roger Gerster»?
- Savez-vous que la Mission catholique de langue française de Zurich a fêté en 2004 les 80 ans de son existence?
- Savez-vous que nous avons marqué en 2015 avec une messe jubilaire les 50 ans du bâtiment de la Mission?
- Savez-vous que nous fêtons les 100 ans de la création de notre paroisse en 2024? Et qu’une exposition retrace nos 100 ans d’histoire, à visiter de juillet à décembre 2024 ?
- Savez-vous que nous serions heureux de vous saluer à Zurich et de vous accueillir parmi nos paroissiens et paroissiennes?
Des MERCIS pour les 100 ans de la Sainte-Famille
Après la fête du 30 juin 2024
Merci : quelques mercis, un mot simple qui nous relie les uns, les unes aux autres ! Un mot qui nous a accompagné tout au long de l’année pastorale. Plus qu’une simple politesse « merci » est un mot de reconnaissance et de joie !
Il y a deux mille ans : pas de place pour la sainte famille… La Sainte-Famille a trouvé une place depuis cent ans dans l’Église de Zurich et dans l’Église universelle, dans cette ville, dans le canton, en Suisse et dans le monde entier présent ici.
Beaucoup de bonnes volontés, de générosité, de disponibilité pour entrer, être dans la fête : miracle de la vie, de la joie, de la paix ! Je ne peux nommer chaque personne au risque d’oublier l’une ou l’autre : de tout âge, de tout horizon, de tout groupe, équipe, organe de la Mission, fidèles… Je relève quatre temps pour entrer dans la danse et jubiler de joie :
Le temps de l’avant
Le comité de préparation qui depuis une année s’est attelé à la tâche : le fil rouge a été assuré. Ceux et celles qui ont préparé les souvenirs vivants, les douceurs sucrés et salés, le « design » (un cœur traversé d’une croix) de ces cent ans, le repas festif, l’exposition du centenaire, ceux et celles qui sont entrés dans toutes les démarches pour que tout soit au point au jour J ! Merci !
Le temps de l’instant
La paroisse Sankt Anton et son curé Andreas Rellstab nous ont grand ouvert leur église et leur espace de vie. Le chœur Laudate et la chorale de la Sainte-Famille, l’organiste, les musiciens et les jeunes de TKTO, les enfants de chœur, les lecteurs et lectrices, les sacristains et sacristines, les porteurs d’offrande, les photographes ont apporté chacun à leur manière leur talent pour embellir la fête. La présence des prêtres des autres missions linguistiques, des religieux et religieuses, du représentant du doyenné et celui du conseil synodal a donné un plus à la fête. Merci !
Le temps de l’après
Pas de fête sans repas : celui-ci bien sûr fut festif. Que de joie sur les visages et dans les cœurs. Tout était prévu : la nourriture de partout, les jeux pour les enfants, les décorations, la prière pour la Sainte-Famille, les diverses animations (musique et chants). Comme à tout anniversaire les bougies ont été allumées. L’exposition des cent ans a été inaugurée : de la reconnaissance sur les visages à la découverte d’une histoire bien vivante ! Cette exposition est toujours visible dans les salles de la Mission. Un temps de prière et d’action de grâces a clos ce magnifique jubilé. Merci !
Le temps du toujours
Il n’y avait pas de place pour eux : à l’approche de Noël nous découvrirons où les enfants ont choisi de faire naître l’Emmanuel : Dieu avec nous ! C’est lui qui de toujours à toujours nous réunit, met le cœur en joie, invite à la fête d’une renaissance, d’un renouvellement. La communauté que nous formons révèle l’accueil que nous offrons à Celui qui est le chemin, la vérité et la vie : oh Happy day. Merci !
Didier Boillat op
Il était une fois « la Mission Catholique »
Article rédigé pour les 50 ans du bâtiment de notre église
… Et quand l’Eglise catholique n‘était pas reconnue officiellement à Zurich… et que tout était compliqué.
Dans les années 1920, ils arrivent nombreux les francophones à Zurich… ouvriers (on manquait de main d’œuvre), étudiants et professeurs de l’école Polytechnique. Ils sont désireux de prier en français.
1924 : L’évêque de Coire se préoccupe d’eux et choisit l’abbé Kaufmann pour les conduire; ce dernier prononce sa 1e homélie le 16 octobre 1924 dans la crypte de St Anton. Ils sont 72 fidèles. Le souci de l’abbé Kaufmann est de trouver un moyen de re-grouper les fidèles éparpillés dans la ville… les cercles des « jeunes gens », des « dames » et des « messieurs » sont lancés et sont réunis en une association « le cercle des Amitiés ».
1938 : La structure juridique souhaitée par l’abbé Bailly (nouveau curé) dès son arrivée est officiellement créée en septembre de cette année là. La première assemblée générale a lieu le 5 novembre 1939 au domicile du président Mr Plancherel. Il faut trouver de l’argent pour faire vivre la paroisse… un grand « Bazar », une fête d’automne sont mis sur pied.
1944 : Grâce à la générosité des amis de la Mission et au plus grand bonheur de l’abbé Bailly l’immeuble de la Hottingerstrasse 30 est acheté. Un même toit pour les prêtres et al pour les réunions !
1947 : L’abbé Bailly est remplacé par l’abbé Joliat qui se dévoue « corps et âme » pour ses paroissiens (il avait une voiture et allait même chercher les jeunes accouchées à l’hôpital et les raccompagnait chez elles).
1955 : Dans une salle … s’ouvrait l’école française.
1962 : Ouverture du concile Vatican II.
1963 : …« et quand l’Eglise reconnue officiellement grâce à une votation du peuple. »
1963 : Monseigneur Caminada soutient le projet de construction d’une église sur le terrain Hottingerstrasse 36…
… Et quand l’église catholique est officiellement reconnue par une votation du peuple le 7 juillet 1963.
L’abbé Joliat est heureux : Un terrain est trouvé Hottingerstrasse 36 à Zurich.
L’évêque de Coire, Monseigneur Caminada, soutient le projet et une aide est octroyée comme aux autres paroisses.
Un crédit de construction bancaire de « un million » est obtenu.
Une vaste campagne pour un emprunt est organisée.
On demandera à tout le monde : les paroissiens, les églises voisines (les protestants, les orthodoxes..).
Certains fidèles rapportent les longues soirées à écrire les enveloppes et à les remplir. D’autres n’oublient pas de raconter que dans chaque enveloppe était mis une image ou une médaille. Fruit de la récolte : Fr. 422’500 francs (avec un très gros don privé) !
… la première pierre …
Le 27 septembre 1964, Monseigneur Theobaldi, vicaire général de Zurich, bénit la première pierre.
A l’intérieur de celle-ci a été glissée un papier souvenir écrit par une des filles (Marie-Gabrielle) de Monsieur Sguaitamatti (Président du Comité de paroisse). Ce qui y est écrit n’a pas été divulgué.
… Les travaux…

Le chantier qui commence le 18 novembre 1963 connaîtra de nombreux rebondissements et ce, jusqu’à la fin. Tout d’abord, l’hiver arrive trop tôt et le chantier doit être interrompu, puis pour diverses raisons, l’entreprise de construction se désiste. Grâce à l’opiniâtreté du comité, elle sera vite remplacée, fin février 1964, le trou pour les fondations est enfin terminé. Les travaux peuvent démarrer…
On s’active, le temps presse, il faut choisir les meubles, les sols et les bancs ;
(Anne-Marie Sguaitamatti, jeune fille à l’époque, se souvient avoir accompagné son père, alors président du comité, pour les recherches et décisions).
Au départ, les salles seront déclarées comme magasin plutôt que salles de réunions et plus tard, pendant les hivers rigoureux, des sans abris y seront logés.
La date du 9 janvier 1966 est choisie pour la consécration de l’église, c’est la fête de la Sainte Famille.
…La consécration de l’église …

En octobre 1965, les appartements sont terminés, les prêtres s’installent.
Pendant les mois de novembre et décembre, les efforts seront concentrés sur l’achèvement de l’église dont la consécration est prévue le dimanche 9 janvier 1966, jour même de la fête de la Sainte Famille cette année-là.
La cérémonie, tant attendue, célébrée par Mgr Jean Vonderach, Evêque de Coire, se déroule selon les rites du cérémonial avec la procession (le cortège fera trois fois le tour de l’église), la bénédiction de l’église, les douze croix et enfin la consécration de l’autel.
A la fin de la cérémonie, l’abbé Joliat exprima à Mgr Vonderach la reconnaissance de la paroisse pour son soutien à ce projet, il remercia les paroissiens pour l’œuvre qui était maintenant une réalité grâce au concours de tous.
« Si tout a réussi, dit-il, c’est parce que tout fut bâti sur la pierre angulaire qu’est le Christ ».
Une réception avec un buffet froid préparée par des paroissiens pour tous les paroissiens fut organisée dans les salles pour la première fois, et des discours furent prononcés dans les salles pour la première fois.
C’était il y a 50 ans.

