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Paroles pour le temps présent

Éducation, solidarité et évangélisation

Du 5 au 12 juillet dernier un Congrès International s’est tenu à Madère, célébrant les 100 ans de l’arrivée en cette île portugaise, de la Congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie. Nous étions plus de 400 participants, en provenance de 4 continents et de plus de 23 pays (religieuses, laïcs, prêtres, évêques).

L’objectif de ce Congrès était de rendre possible de faire vivre aux participants à la fois un temps spirituel, de réflexion et de projection vers l’avenir. Le titre du Congrès était : « Éducation, Solidarité et Évangélisation : De l’Europe vers Madère, de Madère vers le Monde ». En effet, Madère a joué un rôle majeur dans l’évangélisation mondiale, ce qui est peu connu. Le diocèse de Funchal crée en 1514, comprenait tous les territoires découverts par les Portugais. Sa juridiction s’étendait sur tout le territoire d’Afrique occidentale et orientale, le Brésil et l’Asie. Pendant 22 ans, Funchal était devenue la plus grande province ecclésiastique du monde. Ce fut un diocèse global d’où sont partis de nombreux missionnaires.

Les organisateurs du Congrès ont souhaité également porter une attention particulière à l’histoire de cette congrégation née en Ardèche, à Bourg Saint-Andéol, fondée par Marie Rivier (1768-1838), canonisée en 2022. Cette femme a eu un courage et un regard prophétique assez admirables, car au départ rien ne la prédisposait à cette fondation, car sa santé était trop défaillante. Et elle-même a prophétisé : « Mes filles croiseront les océans ». Ce qui arriva après sa mort.

La communication que j’avais à présenter au Congrès portait sur les Sœurs de la Présentation de Marie en Suisse, notamment dans la ville de Lausanne, où ces religieuses ont beaucoup œuvré dans plusieurs lieux y laissant une large empreinte. Et cela, malgré le fait qu’elles n’ont plus aucune communauté en Suisse. Une grande aide m’est venue de Sœur Pia Fischli qui réside encore dans cette ville. Nous avons sillonné à Lausanne les lieux majeurs de l’implantation de cette Congrégation : le Foyer Bon-Accueil (pour jeunes filles, toujours en activité), l’École Notre Dame (aujourd’hui dirigée par un professeur d’origine palestinienne), l’Espace Maurice Zundel (un espace d’accueil, relayé par des laïcs, au cœur de la ville) et enfin les lieux où s’est développé le Collège/Pensionnat Mont Olivet. Dans ce dernier, j’ai pu découvrir l’église où l’orgue a été financé… par Charlie Chaplin, car ses deux filles y ont séjourné au temps des Sœurs de la Présentation de Marie.

En 1914, deux jeunes filles portugaises se présentent chez les sœurs pour y être élevées, en provenance de Berlin, où elles étudiaient et que la guerre avait obligé à changer leurs plans. Ces deux jeunes sœurs y font la découverte du charisme de Marie Rivier et rejoignent tour à tour la Congrégation. L’aînée part en 1924 à Madère où elle fonde la Congrégation qui essaimera ensuite sur le territoire du Portugal continental. Et de là sur d’autres territoires comme le Brésil, le Mozambique, l’Angola.

Assurément en cette rentrée de notre paroisse et Mission, il est bon de regarder cette histoire inspiratrice d’un élan évangélisateur. Car nous tous, nous sommes appelés, chacun selon sa grâce, à être à notre tour des témoins et à discerner les appels de Dieu en notre temps et à nous mettre en route, en tenue de service.
fr. Joseph de Almeida Monteiro

Être bénévole, se mettre au service de l’Eglise

Chers paroissiens, chères paroissiennes,

La Mission est une paroisse vivante où il se passe beaucoup de choses. La mise en place et la réalisation de toutes ses activités, en particulier les messes dominicales et le catéchisme reposent sur la bonne volonté de nombreuses personnes qui agissent « dans l’ombre ». J’aimerais remercier du fond du cœur tous ces bénévoles qui œuvrent pour la paroisse et qui contribuent à la bonne marche de la Mission.

Le propre de l’identité chrétienne est de partager les dons reçus de Dieu. Tout baptisé est donc invité à prendre part à la vie de l’Église de manière active, à devenir acteur de la mission de l’Église.

Chacun d’entre nous a un « don », quelque chose qu’il sait, aime ou aimerait faire. La Mission a besoin de vos dons, aussi variés soient-ils, et même de ceux qui sont encore cachés.

Voici quelques domaines dans lesquels vous pourriez laisser libre cours à votre créativité :

– le chant (chantre ou choriste),
– la parole (lecteur liturgique),
– l’accueil (avant et après les messes)
– le sens de la beauté (décoration florale),
– l’empathie (accompagnement de personnes âgées)
– la transmission de la foi (éveil à la foi, partage d’évangile, caté),
– le jeu avec les petits (garderie).

Comme le dit le proverbe : « Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières ». Alors lancez-vous, osez devenir l’un de ces petits ruisseaux ! N’ayez pas peur, nous serons là pour vous guider, vous encourager, vous aider à découvrir quel est le talent qui vous permettra de vous mettre, à votre échelle, au service de l’Église.
Laurence von Schulthess pour le CPP

Le sacrement des malades

« Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. » L’onction des malades a été instaurée par Jésus quand il a envoyé ses Apôtres en mission : « …et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d’huile à de nombreux infirmes et les guérissaient. » (Mc 6, 13)

Ce sacrement est donné à tous ceux qui, atteints dans leur santé par la maladie ou la vieillesse le demandent. Il s’adresse à tout croyant confronté à l’épreuve d’une maladie grave, à la proximité d’une intervention chirurgicale risquée ou à l’expérience de la vieillesse quand les forces diminuent, à tous ceux qui traversent une étape marquée par une grande fragilité physique ou morale.

Par le sacrement des malades, le chrétien reçoit la force de supporter son épreuve et l’assurance qu’il la vit en proximité avec le Christ. Recevoir un sacrement, c’est accueillir librement Jésus-Christ qui agit en nous avec notre participation.

Ayez confiance et laissez-le vous aider, quelle que soit votre peine !
Laurence von Schulthess

Se confesser?

Les confessionnaux sont pleins de pots de fleurs … Est-ce que cela signifie qu’il est impossible de se confesser à la Mission ? Loin de là ! Il ne se passe pas une semaine sans que le frère Didier Boillat et moi-même recevions des personnes désireuses de recevoir ce sacrement.

Alors comment fait-on pour se confesser ? On prend rendez-vous tout simplement ! Un mail aux frères ou un coup de fil à la Mission suffisent. Cela demande un petit effort, mais cette démarche ne fait-elle pas intégralement partie de la démarche de pardon?  Je veux dire, quand vous voulez vous réconcilier avec un ami, le pas le plus important n’est-il pas le moment où vous composez son numéro en réfléchissant à la manière de lui demander pardon lorsqu’il décrochera ?

Bon d’accord, mais est-ce qu’on est vraiment obligé de se confesser ? L’Église demande que les croyants se confessent au moins une fois par an (avant Pâques) ou à chaque fois qu’ils ont un péché grave sur la conscience. Mais n’est-ce pas un peu triste de penser ainsi en termes de minimum ? Si votre enfant, devenu adolescent, avec qui les rapports sont conflictuels, vous annonçait qu’il se contenterait de venir vous parler une fois par an ou lorsqu’il aurait besoin d’argent, ne seriez-vous pas profondément peiné ? Cela ne veut pas dire qu’il faut se confesser tous les jours ni toutes les semaines, mais peut-être plutôt 7 fois par an qu’une seule.

Comment cela se passe une confession ? C’est tout simple ! On pourrait la résumer en 7 étapes :

(1) Examen de conscience : Avant de rencontrer le prêtre, je me prépare à la confession en me demandant ce qui dans ma vie me sépare de Dieu. Je peux m’aider avec des textes ou des listes.

(2) Se présenter au prêtre : Le prêtre va m’accueillir (généralement avec un signe de croix et une prière) ; ensuite c’est à moi ! Avant la confession des péchés, je peux donner au prêtre quelques éléments de contexte. Mon état de vie, où j’en suis avec Dieu, depuis combien de temps je ne me suis pas confesser, etc. Il faut cependant résister à la tentation de raconter sa vie !

(3) Confession des péchés : Je dis simplement mes péchés. Attention ! Une tentation à laquelle on n’a pas cédé ou un trait de caractère (être impatient, paresseux, colérique, …) ne sont pas des péchés. J’essaie donc de décrire des actes concrets que je regrette d’avoir commis.

(4) Accompagnement et pénitence : Le prêtre peut avoir quelques paroles pour m’éclairer sur la manière de ne plus retomber dans ces péchés ou plus souvent encore pour ne pas me laisser désespérer par eux. Puis il me propose une bonne action concrète à faire pour réparer le mal que j’ai fait. C’est ce qu’on appelle la « pénitence ».

(5) Acte de contrition : Je dis une prière qui exprime mon repentir et mon désir de mieux faire. Je peux le faire avec mes mots mais une prière toute faite existe si je ne me sens pas d’inventer : « Mon Dieu, j’ai un très grand regret de t’avoir offensé, car tu es infiniment bon et que le péché te déplait. Je prends la ferme résolution, avec le secours de ta sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence ».

(6) Absolution : Le prêtre étend la main sur moi et, après une courte prière, me bénit en disant « je te pardonne tous tes péchés ». Ce n’est évidemment pas en son nom propre qu’il parle à ce moment-là, mais au nom du Christ. Pendant qu’il me bénit, je trace sur moi le signe de la croix et je réponds « amen » signe que je crois au pardon qui vient de m’être donné.

(7) Accomplir la pénitence : Dans l’élan de ce torrent de Miséricorde que je viens de recevoir, je n’oublie pas de réaliser la pénitence que j’ai acceptée de faire.

Le mot « confession » signifie à la fois l’aveu de ses péchés mais aussi la « confession de foi » en un Dieu Père, qui nous aime et attend patiemment sur le pas de la porte notre retour (voir la parabole du fils prodigue Lc 15, 11-32), comment résister à l’envie de nous jeter dans ses bras ?
Fr. Pierre de Marolles

Neufs manières de prier de St Dominique

I. Dominique est très profondément ému par Dieu. Dans les différentes formes corporelles de salutation, il exprime l’attitude de la créature vis-à-vis de son Créateur et reconnaît sa dépendance envers lui. Quand il s’incline profondément et adore, il s’émerveille de l’amour de Dieu et éprouve son immensité. Sous l’impulsion de cet amour, il se détache pour s’abandonner entièrement en Dieu. Ainsi il découvre le contact intime, familier avec Dieu son Créateur dans son être profond et devient totalement perméable au divin et totalement disponible pour le plan de salut de Dieu.

II. Dominique est étendu de tout son long sur la terre, puisqu’il a été formé de la terre et appartient à la terre. Il le sait, il est poussière, mais aimé de Dieu pour que la poussière puisse aimer Dieu. Il se livre à Dieu sans rechercher un but. Cela le rend ouvert et docile au Saint Esprit. Celui-ci le conduit vers la Vérité, parce que Dominique était humble. A cause de cela, il peut être réaliste, sans illusions et capable de don de soi. Ce n’est pas lui qu’il prend comme mesure, il la fixe dans l’Absolu auquel il se confie entièrement dans sa faiblesse. Dans la confiance en Dieu l’Absolu, il appelle à haute voix, il pleure et prie pour ses frères, pour les maux de l’Église, pour les malheurs du monde.

III. La flagellation est une singulière – et pour nous une étrange – attitude de prière. Par ce geste, Dominique se montre solidaire de Jésus souffrant. Il essaye comme Paul « de porter en son corps les souffrances de mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans son corps » (2 Co 4, 10). Il comprend cette prière comme une offrande à Dieu par laquelle il prend part lui aussi à l’extrême souffrance du Christ qui expie les péchés, comme une participation à l’œuvre expiatrice du Christ « qui fut envoyé pour l’expiation du péché, pour condamner le péché dans sa chair » (Rm 8,3). Par ce geste, Dominique s’approche de Dieu et se sent responsable pour les souffrances des âmes de ses frères et de ses sœurs. Il essaye d’imiter l’amour de Dieu fait homme pour les hommes.

IV. Dominique se tient debout devant Dieu et coupe cette station de génuflexions. Il se tient avec respect devant Dieu prêt à l’écoute ou au départ. Il sent sous ses pieds un sol ferme qui le porte. Cela le remplit de confiance et le motive pour un nouveau départ. Par les génuflexions, il entre dans le mouvement intérieur du don de soi ; l’écoute se change en obéissance. Le regard de Dominique est fermement fixé sur le Crucifié. Par là, il reçoit le réconfort et le calme. Dans la contemplation Dominique peut alors d’un regard seulement montrer l’essentiel ; il n’a pas besoin de beaucoup de paroles pour agir.

V. Dominique ne prie pas seulement avec tout son corps, mais souvent aussi avec ses mains seules. Ses mains sont le miroir de son âme, l’instrument de son esprit et de sa parole. Il ouvre les mains, renonce à son action et se remet entièrement à l’Absolu. Il vit sa vie comme un don, à cause de cela il peut se défaire de lui-même et se laisser prendre, il peut placer ses mains jointes dans la main de Dieu et de cette manière déclarer sa dépendance vis-à-vis de lui. Il joint les mains et remercie. Dieu peut alors par ses mains soutenir les faibles, partager le Pain, guérir et bénir.

VI. Les bras étendus Dominique prie devant la Croix. Dans la Croix, il contemple les con-séquences de l’amour de Dieu pour lui et en tire les conséquences pour sa vie. Il se tient là, vacant, vulnérable, indigent, prêt, comme le Christ en croix à répandre et susciter l’amour. Par sa solidarité avec le Crucifié naît en lui le désir ardent de prolonger les bras de la Croix, afin d’embrasser et de guérir le monde entier. Sous la Croix commence la vaste communication entre Dieu et lui, elle fait de Dominique un pont où ont lieu les rencontres avec les autres.

VII. Dominique se tend de toute sa taille vers le ciel. Ses mains sont élevées au-dessus de sa tête, fermement jointes ou légèrement ouvertes, comme s’il voulait recevoir quelque chose du ciel. Sa prière l’élève vers Dieu, il n’essaye pas d’attirer Dieu à lui. Il se tend vers le don de Dieu, vers l’offre de son Royaume, offre qui se situe infiniment au-dessus de son action, mais qui est présente en lui et donne sens à son action. Il sait que cela ne relève pas du succès ou de l’échec ; cela s’épanouit dans l’amour. A cause de cela, il prie que Dieu veuille lui donner un véritable amour pour qu’il puisse œuvrer au salut des hommes.

VIII. Dominique est assis devant Dieu en silence. Dieu entend son silence, voit son sourire et ses larmes. Cela, les hommes ne le peuvent pas. Dans le silence, Dominique écoute la Parole de Dieu et son silence nourrit sa parole. Silence et Parole sont pour lui frère et sœur qui portent mutuellement le fardeau. Dominique écoute et se tait pour que sa parole puisse devenir délicate et guérir. Dans l’écoute et le silence, il vient vers la lumière, pour que cette lumière s’embrase dans l’obscurité des chemins humains. Dans le silence, il supporte le silence de Dieu et apprend le silence de l’amour qui porte son silence et sa parole.

IX. Depuis son départ du couvent des chanoines d’Osma, Dominique est constamment en chemin. Ses voyages innombrables sont mouvements à travers l’espace et le temps, un signe qu’il n’est pas fixé, ni installé, qu’il est sur le chemin de Jésus-Christ. Comme le chemin de Jésus, ainsi est le chemin de Dominique, associé au renoncement et à l’abandon. Sa foi et son zèle pour le salut des hommes le conduisent sur le chemin qu’est le Christ. En chemin il fait l’expérience de la communion des frères, mais de nouveau se sépare d’eux pour éprouver dans la prière une plus grande intimité avec Dieu. Ainsi il peut donner au prochain un renseignement sur le droit chemin, lui montre la direction et s’unir à lui de façon encore plus intense à faire de même.
Fr. Franz Müller, op (1951-2012)

Je veux comprendre

Rêve ou réalité?

Ça c’est tout moi. Quand je vois, j’entends quelque chose, je veux comprendre.
Alors une fois, même deux, voire même trois fois, je demande, je fais répéter, confirmer ; je m’assure, me rassure.
Je veux comprendre.

Est-ce pour m’affirmer, pour me réconforter ?
Est-ce pour que l’on m’entende ?
Et que l’on me comprenne… moi ?
Égoïsme ?

Devant les évènements, ce que chacun de nous à sa façon et dans tout son être, vit aujourd’hui au quotidien, je relativise. Je prends le temps. Je remets mes idées, mes pensées en place. Mes questionnements sont d’autant plus présents et nombreux. Mais qu’importe !

Je veux aider, être là pour les autres, pour l’Autre. Je bouge, je me bouge et prends des contacts, demande des nouvelles et offre, sans compter.

Il aura fallu ce petit bout de rien du tout, invisible à mes yeux, pour faire changer mon quotidien. Je prends la liberté, d’autres libertés. Je lâche prise et remets tout dans les mains de Celui qui guide mes pas et me conduit. J’accepte de tout donner sans retour et sais maintenant que cela est possible.

Ça y est : j’ai compris !
Miracle de la vie !
Sandrine Carme

La communion à la coupe

A la Mission, il est possible de recevoir la communion au corps mais aussi au sang du Seigneur. Comme cette pratique est plutôt rare dans les paroisses, cela en étonne plus d’un.

Et pourtant, ne devrions-nous pas plutôt être étonnés au contraire qu’il y ait si peu d’endroit où il est proposé aux fidèles de communier à la « coupe du Salut » !? Après tout, Jésus n’a pas seulement dit « prenez et mangez ceci est mon corps » en tendant le pain. Mais encore en donnant la coupe : « prenez et buvez, voici mon sang versé pour vous et la multitude » !

Il est vrai que la foi des chrétiens a toujours tenu qu’une seule des deux « espèces », le pain ou le vin, suffisait. Mais pourquoi se contenter du minimum vital lorsque Jésus nous offre toute sa personne : son corps et son sang.

Et attention ! Le « sang » à l’époque de Jésus cela signifie plus qu’un peu de liquide rouge qui perle à mon doigt quand je me pique. Le sang qui circule et vivifie le corps était pour les anciens la vie même. Le sang symbolise ainsi un aspect plus dynamique de la vie que le corps seul. D’où d’ailleurs son lien privilégié avec le vin qui « réjouit le cœur de l’homme » (Ps 103).

Communier au sang du Christ, en plus de se nourrir de son corps, c’est donc se laisser entrainer dans le mouvement joyeux et vivifiant de la vie divine !

« Alors pourquoi ne le fait-on pas partout ? », me direz-vous. C’est une bonne question.

D’abord certains peuvent avoir vaguement l’impression que la communion à la coupe est interdite aux laïcs et réservée aux prêtres. Cette idée vient du fait que la communion au sang fut en effet réservée au ministre seul par le concile de Trente au XVIe siècle. Mais la raison de cette interdiction, c’était de s’opposer aux protestants qui communient sous les deux espèces (à la même époque, on interdisait la lecture privée de la Bible pour la même raison).
Heureusement l’Église ne pouvait pas se priver longtemps d’une chose aussi belle et essentielle sous prétexte que « cela fait protestant » ! Le concile Vatican II finira donc par lever cette interdiction.

Reste les questions pratiques et hygiéniques qui sont souvent la véritable raison pour laquelle si peu de paroisses offrent la possibilité de communier à la coupe. C’est vrai qu’il est plus difficile de doser le vin dont ne pourra réserver le surplus une fois consacré. C’est vrai, qu’en période d’épidémie, l’on risque la contamination si l’on boit tous à la même coupe. C’est vrai surtout que le risque de renverser un peu du précieux sang est réel.

Mais ces difficultés sont-elles vraiment insurmontables ? Ne serait-il pas envisageable, au prix de quelques efforts pour la communauté, de rendre cela possible ? Accepter que parfois, il n’y aura pas assez de vin consacré ; avoir confiance que ceux qui sont malades s’abstiendront ; prendre le plus grand soin lorsque nous communions à la coupe (surtout par intinction), etc.

Devant la chance immense que représente la possibilité de communier non seulement au corps mais encore au sang du Christ, chacun restera libre de s’avancer ou de passer en s’inclinant respectueusement, mais tous pourront se réjouir de cette coupe qui leur présente le sang très saint jailli du cœur du Christ pour la vie du monde !
Fr. Pierre de Marolles

Je suis vivante…

Parfois, lorsque j’ouvre les yeux, je ne sais pas…
Que va-t-il se passer aujourd’hui ?

Un nouveau jour, une nouvelle vie…

Le quotidien prend place.
Chaque déplacement, chaque mouvement, chaque bruit est vie !

Et moi, dans tout ça ? Où suis-je ?
En équilibre…

Parfois, je suis triste, sans énergie comme paralysée. La mort ?

Parfois, je suis surprise, voire étonnée par mes réactions :
brusques, même éclatantes et tellement pleine d’énergie. La vie !

Joie que Tu sois là, à mes côtés, avec moi, pour moi.
Reconnaissance.
Sandrine Carme

Le Notre-Père

« Ne nous laisse pas entrer en tentation » : traduire sans trahir

« Texte du Notre-Père dans le Codex Sinaiticus (IVe siècle) »

Depuis le début de l’Avent 2017, la traduction du Notre-Père a changé. Pas de panique toutefois, la différence tient à trois mots : nous ne disons plus « ne nous soumet pas à la tentation » mais « ne nous laisse pas entrer en tentation ». La différence entre ces deux traductions saute aux yeux : la version à laquelle nous étions habitués laissait entendre que Dieu serait la source de la tentation, la nouvelle dissipe cette fausse image de Dieu.

En effet, saint Jacques le dit clairement : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : Ma tentation vient de Dieu. Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne. » (Jc 1, 13). Il est vrai, cependant, que Dieu aurait le pouvoir de faire disparaître de nous toutes tentations et que visiblement Il ne le fait pas … Mais saint Paul explique : « Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Mais avec l’épreuve il donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter. » (1 Co 10, 13).

Ainsi la nouvelle traduction « ne nous laisse pas entrer en tentation » prend tout son sens : le Seigneur ne veut pas éloigner de nous la tentation, car Il nous veut libres, mais nous Lui demandons la force de ne pas y succomber.

Ce changement est pour nous l’occasion de nous rappeler que même « la prière que le Sauveur nous a transmise » n’est pas tombée directement du ciel ! Car qui dit « nouvelle traduction » dit « traduction ».

En effet, le « Notre Père » nous a été transmis en grec (et non pas en latin comme beaucoup de catholiques le pensent) par l’Evangile de Matthieu. Or il est plus que probable que Jésus ait prononcé cette prière dans sa langue, c’est à dire en araméen (un « patois » de l’hébreu). Nous n’avons donc pas accès à la version originale, mais seulement à la tentative de traduction dans ce qui était « l’anglais » de l’époque, à savoir en grec.

Réaliser cela, c’est réaliser d’abord que le mystère de Dieu nous dépasse toujours et que nos mots ont du mal à le rendre fidèlement. Mais c’est aussi et surtout réaliser que chaque génération doit faire son propre effort pour redire au présent l’amour éternel du Père sans repli dans un passé figé, ni fuite dans une course à la nouveauté.
Fr. Pierre de Marolles op

Le thème de l’année

« A vous d’en être les témoins. » Lc 24, 48

Les disciples qui ont accompagné le Christ sur les chemins de Galilée puis jusqu’à Jérusalem ont été des témoins privilégiés de ses œuvres et de ses paroles. Certains, hommes et femmes, ont pu aussi être témoins de sa résurrection. Au moment de quitter ses amis le jour de l’Ascension, le Christ les invite par cette parole « A vous d’en être les témoins », à porter au monde ce qu’ils viennent de vivre : sa vie, sa mort et sa résurrection. Fortifiés par l’Esprit Saint, ils annonceront la Bonne Nouvelle, cet Evangile transmis jusqu’à nous à travers les siècles.
Cette parole du Christ marque l’envoi des disciples en mission : elle fait passer les témoins de l’Évangile au rang de missionnaires, elle transforme la foi personnelle en un engagement au service de la Parole. Elle marque la naissance de l’Eglise missionnaire.
Aujourd’hui « être témoins du Christ » garde tout son sens, même si nous ne l’avons pas vu de nos yeux. Comme chrétiens, nous sommes tous appelés à accueillir sa Parole, à vivre selon son enseignement et à la faire rayonner par nos actes et nos paroles.
Tout au long de l’année, nous vous proposons de témoigner dans les groupes, dans nos vies, dans nos familles, de ce que Dieu accomplit en nous et dans nos vies. Nous inviterons également divers témoins au fil de nos rencontres afin de nous enrichir de leurs témoignages.

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9h-12h et 14h-18h (vendredi: 17h)

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